dimanche 30 septembre 2007

A vif: **/4


Aux Etats-Unis et contre toute attente on juge les gens avant de les mettre en prison ou de les exécuter. Mais Jodie Foster n’est pas de cet avis. En effet depuis qu’elle s’est fait massacrer son mari devant les yeux, elle a décidé de se la jouer à la Batman, mais genre bien bourrin et avec peine de mort à la clé. Et comme elle a beaucoup de chance elle va rencontrer plein de gros bâtards dès qu’elle mettra un pied dans la rue, jusqu’au boss final, le mec qui a tué son boyfriend.

Cependant il ne faut pas oublier que tous les types qu’elle tuera sont en fait encore plus méchants qu’ils ne le paraissent car ils ont un sacré casier comme le fait remarquer à chaque meurtre le policier chargé de l’enquête.

Mais bon Jodie ne reste qu’un homme (enfin une femme) et elle a des remords à force de tuer des gens même s’ils sont très coupables et ne méritent pas de procès (« Je sens une étrangère en moi » rappelle en effet la subtile voix off). A cela se rajoute une scène d’une finesse exemplaire où Jodie, animatrice radio à l’origine, discute avec ses auditeurs sur les meurtres qu’elle a elle-même commis et qui agitent l’actualité New Yorkaise– « Mais c’est pas bien de tuer des gens vous avez vu la guerre en Irak c’est pas bien », - « Oui répond Jodie , tout à fait d’accord » - « Mais non c’est bien de tuer des gens surtout s’ils sont méchants », ajoute un autre auditeur « Non, répond Jodie je ne suis pas d’accord avec vous» …

Pourtant elle continuera à faire tout le contraire ; quelle ambiguïté n’est-ce pas ? Quel incroyable dilemme !

Est-ce qu’un criminel a une âme?
Doit-on juger une personne si on sait qu’elle est coupable ?
Doit-on mettre une personne en prison si on peut la tuer ?

Autant de questions incroyablement profondes que pose le film, accompagnant la réflexion d’une musique d’enterrement.

En termes de mise en scène on n’est d'ailleurs jamais allé aussi loin dans le mauvais goût. Dieu me protège de cette scène abominable où Jodie Foster salement amochée arrive à l’hôpital; le réalisateur enchaîne dès lors des plans sur les fesses et les seins nus de Jodie, tantôt ensanglantés, tantôt rayonnant de blancheur, dans un flashback version érotique avec son désormais défunt mari le tout avec musique tire larmes.

Scénaristisquement c'est un désastre. Le film prend toujours la voie la plus facile, apportant tout de go questions et réponses aux problèmes "moraux", et l'enquête policière, soignée au début, lance des pistes qui ne seront pas exploitées.

Évidemment on sait que le film va se rattraper à la fin –enfin moralement parce que sinon c’est quand même un peu n’importe quoi – que Jodie prise dans sa folie justicière va se voir arrêter par la police et qu’on aura après une voix off «Ce que j’ai fait ce n’est pas bien pardon, en me vengeant je suis moi même devenue un assassin, une étrangère, oui celle dont je parlais dans la voix off et qu’on a rajouté au montage pour rendre le film profond.»

En fait non. Le policier chargé de l’enquête sur ses meurtres, qui a appris à mieux la connaître, se rend compte qu’il y a certaines personnes qui méritent vraiment de mourir, surtout lorsqu’elles sont capables de battre le petit ami de Jodie à mort et de le filmer en même temps pour le partager sur You Tube. Résultat il va lui prêter main forte («Si vous voulez tuer ce type faites le de manière légale», dit-il en lui donnant son flingue).

Ainsi « A Vif » (The Brave One en vo) innove, puisque grâce au personnage tourmenté de Jodie Foster, il devient le premier fil d’auto justice de gauche avec fin troisième Reich en bonus. Un authentique film fasciste donc à ranger à coté de chefs d’œuvre tels que «L’enfer du devoir» ou «Emprise» bien que ces derniers soient quand même plus subtils et moins hypocrites.

Alors pourquoi deux étoiles? Parce que le film, bien qu'incontestablement raté assure le minimum et retient l'attention grâce à l'interprétation impeccable de Jodie Foster et de Terence Howard, pourtant handicapés par des personnages mal écrits.

Mais surtout parce que ce film répond à tous nos fantasmes d'auto-justice sanglante, parce qu'au fond, on a tous un peu de fasciste en soi.

Raf

samedi 29 septembre 2007

L’âge des ténèbres de Denys Arcand : **+/4


Jean-Marc Leblanc travaille dans l’administration. Son mariage est un simulacre, et ses enfants le détestent. Dans ce monde délabré, où la maladie et la déchéance rodent, il s’imagine une vie pour échapper à la réalité.

Sur ce propos désabusé, Arcand, non sans humour, fait un portrait au vitriol de la société actuelle. Les dialogues sont savoureux, et le film réserve certains moments de bravoure, comme la séquence du speed dating, hilarante, se terminant sur une touche poétique. De nombreuses références, à Tarantino ou à Peter Jackson entre autre, apportent un côté baroque, excessif à ce film tout sauf réaliste. Il ne s’agit donc pas d’un film social, mais plutôt d’une évocation très personnelle de la vie moderne.

La technique est très bonne, que cela soit la photographie, qui n’a rien à envier aux meilleures productions Hollywoodiennes, ou la réalisation, classique mais maîtrisée. Cependant, le film est très inégal. Certaines scènes assez faibles viennent assombrir le tableau et rendent le film parfois lourd et laborieux (je pense notamment à l’ultime séquence, vraiment inutile). De plus, l’intrigue n’est pas vraiment resserrée, il s’agit plus d’une succession de sketch. Cela amène des baisses de rythmes assez gênantes, bien que compensées par la virtuosité de certains moments.

Marc Labrèche dans le rôle de ce loser ordinaire fait des merveilles, modifiant parfois sa voix dans les séquences oniriques, et montrant cet abîme qui se creuse dans notre société. Perdu parmi tant de cas, tous similaires, mais tous uniques (symbolisées par les différentes personnes dont s’occupe Jean-Marc Leblanc à l’administration). On s’attache facilement à ce personnage, et à son univers fait de millions d’anonymes, et de destins inaccomplis. Un monde où il est impossible de trouver sa place, seul au milieu des autres, bienvenue dans l’âge des ténèbres.
Duck

vendredi 28 septembre 2007

99 francs de Jan Kounen : ***+/4


Une société dégénérée bouffant sa propre merde, un homme désabusé essayant de faire péter le système. Le thème avait déjà été traité il y a quelques années de cela, dans le magnifique fight club de David Fincher. Le film de Kounen en reprends les thèmes, et dans une certaine mesure la forme. Le propos est tout aussi virulent, et s’axe principalement sur une critique de la publicité.

La réalisation est impeccable. Utilisant une imagerie de publicité, et des images de synthèse, donnant parfois un aspect dégueulace et indigeste au tout, mais appuyant le fond, et étant parfaitement en adéquation avec le propos. Nous assistons a un patchwork d’image, de diverses formes et sources, s’assemblant avec plus ou moins de bonheur, saturant le cadre de couleurs criardes, et de décors baroques, rendus plus impressionnants encore par l’utilisation systématique de focales courtes, écrasant les personnages dans un monde déformé.

Cet effet de montage disparate, finalement très publicitaire, est renforcé par les musiques, presque toutes tirées, ou inspirées d’autre films : de Ennio Moricone à Barry Lyndon en passant par in the mood for love, et sans oublier la magnifique musique de la ligne rouge dans la scène finale très ironique, 99 francs évoque tout un pan du cinéma, qu’il recycle aussi à travers les images (le bébé de 2001 l’odyssée de l’espace, la séquence en dessin animée de tueurs nés…). Il reprend ainsi ce qu’orchestre la publicité, qui puise dans le cinéma tout un tas d’idée afin de les inclure dans une logique mercantile. Il recycle ces éléments une nouvelle fois, et les réintègrent dans une logique cinématographique et artistique.

Le détournement va plus loin puisque chaque utilisation de musique va à l’encontre de son propos original : le bébé de 2001, qui signifie une renaissance dans le film de Kubrick, symbolise ici l'égarement d’Octave, le héro. La musique d’in the mood for love accompagne une relation de non-amour et de consommation rapide, et les chants de la ligne rouge, bien loin de montrer un éden originel, soulignent ici un paradis artificiel et plus que jamais inaccessible.

Certaines scènes sont superbement écrites. Notamment celle où Octave rencontre des personnages d’une publicité Kinder et se dispute avec eux. Mais il s’agit d’un assemblage de scènes disparates qui ne forment pas un tout cohérent. De plus, le propos est très lourd et serait sans doute relativement indigeste sans la forme, qui propose une vision détachée, et très second degrés de l’ensemble.

Jean Dujardin est extraordinaire dans le rôle du salaud dépressif, et prouve encore une fois qu’il est sans doute le meilleur acteur français de sa génération.

Domage que le film se finisse sur une note de Kounen, disant que des sommes monstrueuses sont dépensées chaque année dans la publicité, et qu’il suffirait d’utiliser une partie de cet argent pour résoudre la faim dans le monde. Ce propos naïf et en désaccord avec le côté cynique du métrage désamorce tout le travail accompli plus tôt. Quelques erreurs qui empêchent donc le film d’atteindre le rang de chef d’œuvre, mais il s’agit sans doute du meilleur film français que vous verrez cette année, alors ne vous privez pas.
Duck

28 semaines plus tard de Juan Carlos Fresnadillo : ***/4


« Aah non ! Encore des pourritures capitalistes qui font une suite à un excellent film pour le seul amour de l’argent, en délaissant totalement le scénario et en rajoutant de la mièvrerie par la présence d’enfants avec des yeux de chien battu. Tout ça n’a rien avoir avec un film de Zombies !!! »
Oui, je l’avoue, c’est bien ce que j’ai dit après avoir vu la première bande annonce de 28 Semaines Plus Tard, la suite du désormais cultissime 28 Jours Plus Tard réalisé par Danny Boyle. Maintenant que j’ai vu ce film, je me repens… Ooh !! J’implore ton pardon Juan Carlos Fresnadillo, pour avoir dénigré ton film avant de l’avoir vu et douter de ton talent.

« Alors chroniqueur de ce site web merveilleux, l’as-tu aimé ou non ce film ? » êtes-vous en train de vous demander. A celà je réponds un net et franc OUI !

28 semaines Plus Tard est bon, même très bon. Pas seulement parce que les films de Zombies constituent à mon sens la fine fleur du 7ème Art, ni parce que le contenu gore du film est totalement jouissif, mais, parce que le réalisateur espagnol Juan Carlos Fresnadillo (Intacto) a su nous livrer une suite digne du premier opus, voire même meilleure. En respectant la vision de Boyle, ce second volet s’inscrit parfaitement dans la continuité.

6 mois après les événements du film de Boyle, l’Angleterre a survécu au fléau du virus Rage et tente de se repeupler grâce aux efforts de l’armée américaine (pour ceux qui ne savent pas ce que cela veut dire en terme cinématographique, j’utiliserai un raccourci très simple : US Army = Armes à feu + Explosions). Robert Carlyle (The Full Monty, Trainspotting) y campe un père de famille qui va enfin revoir ses enfants après 28 semaines de séparation ; il compte se recréer une vie et oublier les horreurs zombiesques dont il a été témoin.

Et là, Fresnadillo dit : « QUE NENI ! Je vais pas faire un film social, je veux que ça saigne ! ».
Dès la première scène, le metteur en scène vous prend aux tripes de façon aussi sûre qu’un zombie le ferait. Les scènes d’action sont parfaitement réussies et les plans aériens maniés avec beaucoup d’habileté ajoutent à la tension du film. Les sentiments des personnages sont maîtrisés, retranscrits de manière réaliste et aucune profusion de larme n’est à déplorer. Enfin, la bande originale, comme pour 28 Jours Plus Tard, fonctionne à merveille dans la transmission des émotions dans toutes les scènes.

A voir et à manger…

(Pardon pour le jeu de mots)
Dieu

mardi 25 septembre 2007

7H58 ce Samedi là de Sidney Lumet : ***/4


C’est l’histoire toute simple d’un braquage qui tourne mal. Il ne vaut mieux rien dire de plus sur l’intrigue, tant elle se découvre subtilement, en ménageant un suspense des plus efficaces.

La construction à la rashomon (une même histoire racontée sous plusieurs points de vue différents) est assez réussie, et permet d’immerger le spectateur petit à petit, en mêlant l’exposition avec le cœur de l’intrigue. Cela permet de s’attacher à tous les personnages, par ailleurs très approfondis et crédibles, sans qu’aucun véritable protagoniste ne se détache. Bien sûr une telle structure amène une déconstruction du récit, qui se traduit par une baisse de rythme épisodique. Défaut mineur au vu de la qualité d’écriture du scénario.

L’ambiance de film noir est très bien rendue, et soulignée par la mise en scène sobre et classieuse de Sydney Lumet. Des plans fixes et puissants sont principalement utilisés, donnant une force décuplée aux rares mouvements d’appareil. La puissance de la réalisation est tout de même légèrement entachée par un montage parfois approximatif, et des transitions pour signifier les flashbacks d’un très mauvais goût.

Les acteurs sont extraordinaires de vérité, et donnent un supplément d’humanité à des personnages écrits avec maestria. N’hésitez pas à rentrer dans cette spirale infernale, qui permet à Lumet de retrouver la grâce de ses meilleurs films.
Duck

La face cachée de Bernard Campan : 0/4


L’intrigue du film est assez simple. Il n’y en a pas. C’est juste un gars, qui vit. Bien me direz-vous, ça peut être intéressant. Je tiens à tout de suite dissiper le doute, ça ne l’est pas. C’est assez lourd, et empreint d’une psychologie à deux balles. Une sorte d’Emmanuel Kant chez les bobos si vous voulez. En plus de cela, c’est très confus et les personnages sont mal caractérisés : on ne sait rien d’eux, pas même le métier qu’ils exercent.

Mais peut être que le film cherche son contenu autre part. En effet, le film est tellement sombre, qu’on a l’impression que le directeur de la photographie n’a pas retiré ses lunettes de soleil de tout le tournage. Un problème d’irritation des yeux sans doute. Cela irrite aussi le spectateur d’ailleurs, qui a l’impression de devenir aveugle au fur et à mesure que le film avance. Pour la première fois de ma vie, j’ai ressenti ce que devait éprouver les nonnes dentelières bretonnes au XVIIème siècle. Si bien que l’on a l’impression que le film se déroule entièrement de nuit.

En plus de cela, Bernard Campan nous prouve que l’on n’a nul besoin de mur suintant et de sang à profusion pour donner dans le glauque. Une vieille qui fait coucou de la main, une femme qui se démaquille, ou encore un ami qui commande un steak dans un restaurant, et nous avons peur. Une ambiance qui dure tout le film, et qui ne se relâche jamais. Et si le réalisateur avais voulu réaliser le premier film d’horreur sans danger ? Basé simplement sur des personnages détestables, des situations ordinaires, et des images horribles.

Cette impression est confirmée à la fin. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je vis qu’allô twist faisait aussi dans le film d’auteur. Et dans le genre twist débile qui ne sert à rien, et qui n’a aucune logique, ils ont fait forts ! Du haut niveau ! Si seulement ce service avait existé plus, tôt, peut être qu’on se serait rendu compte à la fin de Marry Poppins que la nounou était pédophile, ou encore à la fin de scarface, que la véritable passion de Tony Montana était le mambo !

Après tant de vide, on se dit qu’il s’agit encore d’un film qui aurait mieux fait de rester cacher…
Duck

lundi 24 septembre 2007

Un coeur invaincu **+/4

Pour commencer cette critique, je vous propose un rébus répliquant le titre du film:


Si vous voulez voir plus de rébus, rendez-vous dans "La Face Cachée" de Bernard Campan, bientôt chroniqué sur ce site.

Le film "Un coeur invaincu" s'intéresse à l'enquête menée par les enquêteurs pakistanais pour retrouver le journaliste Daniel Pearl enlevé à Karachi au Pakistan, peu après la guerre contre l'Afghanistan. Adapté du livre écrit par sa femme, Marianne Pearl, ici interprété par sa Angelina Jolie, le film est donc plus une enquête policière qu'un simple drame, comme le laissait présager la bande annonce.

Le film tourné en numérique, et caméra à l'épaule, profite de cet avantage pour multiplier les plans et accompagné d'une bande son efficace, dresse un portait de la ville de Karachi grouillant de monde et inquiétant. Pour autant le film ne tombe pas dans la caricature grotesque par excès de style ou par une écriture manichéenne (comme Midnight Express par exemple).

Au contraire le film adopte une démarche documentaire, aussi bien dans sa réalisation que dans son écriture. Bien que l'enquête soit complexe et que tout ne soit pas clairement expliqué, le spectateur trouve toujours un élément auquel s'accrocher. On appréciera le fait que le film ne soit pas édulcoré aussi bien dans son enquête (sur les conflits d'intérêts des différentes institutions pakistanaises) que sur les personnages ; ainsi le personnage de l'enquêteur pakistanais a beau être décrit comme une personne dévouée, ça ne l'empêchera pas de torturer un suspect pour retrouver la trace de Daniel Pearl.

On regrettera la fin du film, plutôt inutile, qui raconte comment Marianne Pearl a surmonté son deuil, à force de montage et de voix off. Le personnage de Marianne Pearl, bien qu'interprété impeccablement par Angelina Jolie, est peut-être le point faible du film. L'obsession de montrer sa dignité, sa capacité à retenir ses pleurs, évite peut être au film de tomber dans le larmoyant, mais semble consacrer l'indifférence, le recul face aux choses comme une qualité; dès lors il rend le personnage étrangement insensible. Il aurait peut-être mieux valu couper le film à la conclusion de l'enquête.

Raf

vendredi 21 septembre 2007

L’invité de Laurent Bouhnik : 0+/4


Y a des films comme ça, sur lesquels on n’a pas envie d’écrire. Tout simplement parce qu’ils ne méritent sans doute pas le temps qu’on leur consacre, et les kilo-octets qu’on utilise pour en parler. L’invité en fait partie.

Non pas que le film soit totalement raté. Le problème réside dans le fait qu’il n’a aucun intérêt. C’est du théâtre filmé qui ne s’élève jamais au-delà. Les acteurs ont un jeu caricatural, et le réalisateur ne se sert jamais des outils cinématographiques pour sublimer son sujet. Non pas que l’exercice de l’adaptation théâtrale soit toujours vide, Sidney Lumet par son sens de l’espace, et sa gestion du temps arrivait à élever son 12 hommes en colère au rang de chef d’œuvre du cinéma. Cette satire des entretient d’embauche tourne en rond. Sur un sujet similaire, et une forme en huis clos identique, on lui préférera la méthode de Marcelo Pineyro, bien plus abouti, drôle et tendu.

Lorgnant du côté du dîner de cons, le sens du rythme en moins, ce film arrive tout de même par de rares occasions à arracher un sourire. Mais la dramaturgie est très mal gérée, et beaucoup de situations tombent à l’eau. On ne croit pas au personnages, et on n’arrive pas à s’identifier à un film où le rythme est artificiellement tenu par une musique omniprésente, et une direction d’acteur balourde.

La fin du film rattrape in-extremis cela, avec une situation bien menée (la scène avec l’intégrateur de compétences), mais il est trop tard, on ne se sent plus invité dans ce film mineur.
Duck

jeudi 20 septembre 2007

Comment gagner 450 € par semaine sans rien faire ****/4

ATTENTION CECI N'EST PAS UNE CRITIQUE DE FILM MAIS UNE
INCROYABLE MÉTHODE POUR GAGNER DE L'ARGENT SANS RIEN FAIRE QUI EST TELLEMENT INCROYABLE QU'ELLE MÉRITE SES 4 ÉTOILES!

A priori cela peut vous paraître fou, mais on peut gagner de l'argent sans rien faire!
Moi aussi quand j'ai entendu ça je me suis dit: encore une autre connerie on en a vu tellement sur Internet! Tous ces sites à la con où des espèces d'arnaqueurs vous demandent de l'argent pour vous dire comment en gagner! N'est-ce pas la un paradoxe?

C'est pour ça que j'ai passé 8 mois devant mon ordinateur, scrutant les nouvelles opportunités et astuces pour gagner de l'argent sans rien faire.... Et devinez quoi? J'ai trouvé!

Oui, vous avez bien entendu, j'ai véritablement trouvé la vraie manière de gagner 450 euros par semaine sans rien faire et de manière complètement légale, et même en aidant des gens dans le besoin par la même occasion!

Je vois déjà les sceptiques arriver: mais non, ce n'est pas possible, on peut pas gagner de l'argent sans rien faire, ça n'a pas de sens,etc.....

Et pourtant j'ai trouvé la solution. C'est très simple. Et comme je suis très gentil je vais vous dire la solution, et ce sans vous demander un rond! Pourquoi je fais ça? Parce que j'ai envie que vous soyez heureux. Pourquoi j'ai envie que vous soyez heureux? Parce que tout le monde a droit au bonheur!


Alors sans plus attendre, écarquillez grand vos yeux et lisez ce qui suit. Ma solution s'articule en plusieurs étapes, suivez les bien :

1- Allez à Paris (si vous n'habitez pas à Paris allez y à pied)
2- Rencontrez une grande star, de préférence une actrice pudique du type Amira Casar.
3- Séduisez la
4- Amenez la dans un hôtel; comme c'est une grande star elle paiera pour vous
5- Installez une caméra devant le lit de la chambre
6- Appuyez sur le bouton "Enregistrer" de la caméra
7 - SURTOUT réglez la mise au point pour que le lit soit mis en valeur.
8- Réglez l'exposition de façon à ce que l'on puisse voir le lit même dans le pénombre.
9- Éteignez la lumière
10- Déshabillez vous et déshabillez la star par la même occasion.
11- Faites l'amour avec la dite star en faisant attention a bien faire l'amour SUR LE LIT.
12- Rentrez chez vous
13- Menacez la star par téléphone que vous diffuserez la cassette enregistrée sur Internet si elle ne vous donne pas 455 €. La somme étant ridicule par rapport au coût d'un avocat ou d'un tueur à gage, elle acceptera de suite.
14- Recevez son argent
15- Placez votre argent sur un compte sur livret. Avec les intérêts vous pourrez vivre comme un nabab pendant presque 2 mois.
16- Donnez 5 euros à un clochard dans la rue.
17- Répétez l'opération chaque semaine avec d'autres stars.


Et voila, maintenant vous savez comment gagner 450 euros par semaine sans rien faire tout en aidant les gens dans le besoin.
A vous de jouer!

Raf

La dernière légion de Doug Lefler : 0/4


Jusqu’à hier soir, j’étais inconsolable. Je pensais la grâce de Xena la guerrière perdu à jamais dans les limbes des annulations des séries télé. Je fus donc surpris et très heureux de voir que des gens essaie encore de retrouver la qualité du show télévisé. Quel bonheur de voir des acteurs médiocres, des décors en carton pâte et des combats de pacotille ! Ah, et ce montage brutal et frénétique, me rappelant les meilleurs moments du film de famille de la dernière réunion à Bagnères-de-Bigorre. Et que dire de la musique ? Magnifique, bien qu’il me semble l’avoir déjà entendue au supermarché Champion, à moins que cela ne soit dans l’ascenseur de l’immeuble de madame Pochon ?

Je fus tout de même légèrement déçu en remarquant que l’arme de prédilection de ma princesse guerrière préférée, le disque tranchant, n’était pas présent. Il me semblait en outre que les combats étaient bien mieux chorégraphiés, et réalisés dans ma série télé préférée. Le temps aurait-il fait son œuvre ?

Ce film pose alors les bases d’un concept, celui de film déjà vieux à sa sortie. Sont en effet regroupé dans le métrage le pire des années 90. Le tout mâtiné d’un budget ridicule. Les matte painting (ou plutôt devrais-je dire bitmap painting, puisque visiblement réalisés sous Microsoft paint) sont absolument horribles. Mais le pire dans tout ce micmac imbuvable, c’est que le film lorgne du côté du seigneur des anneaux.

On a en effet une impression de déjà vu, comme dans cette séquence où la joyeuse bande escalade un pic enneigé, un peu comme si un petit garçon de 4 ans et demi avait fait un dessin de ses héros de dessin animé préférés.

Bien que j’aime énormément la trilogie de Peter Jackson, il faut reconnaître qu’elle a engendré de nombreux enfants attardés, essayant de copier en vain cette œuvre inimitable. Et de tous ses rejetons, la dernière légion est assurément le plus mal formé : un film en phase terminale n’attendant plus que de crever, agonisant sans fin dans les vidéoclubs, quelque part entre Chuck Norris et Steven Seagall.
Duck

mercredi 19 septembre 2007

La vengeance dans la peau de Paul Greengrass : ***+/4


L’action avait un nom et un seul, celui de John McClane ; aujourd’hui, tout n’est plus si simple car si James Bond a connu un lifting des plus efficaces grâce à Martin Campbell dans Casino Royale, c’est une toute nouvelle figure du cinéma d’action qui apparait en 2002 : Jason Bourne.
Si l’adaptation à l’écran de La Mémoire dans la Peau par Doug Liman a connu un succès plus qu’honorable au box-office, le premier opus de la « saga de Bourne » fait tout de même pâle figure face à la virtuosité dont Paul Greengrass fait montre dans La Mort dans la Peau et La Vengeance dans la Peau.

Oooh oui, ce réalisateur a du talent, et il sait l’exprimer. La Vengeance dans la Peau est un train à grande vitesse dont vous ne sortirez pas indemne.

La troisième aventure de Jason Bourne clôt une fois pour toute l’énigme des origines de cet espion survitaminé, et elle le fait avec classe et originalité.

Original, ce film l’est certainement parce que l’histoire se déroule entre les deux scènes finales de La Mort dans la Peau ! Ce n’est pas tout à fait une suite, ni un prequel, mais ce que je nommerai un interquel !

C’est aussi grâce à une direction d’acteur minimaliste, que Greengrass obtient de ses acteurs un jeu d’une sincérité formidable, permettant l’immersion parfaite du spectateur dans la course effrénée que mène Matt Damon alias Jason Bourne.

La Clâsse, c’est enfin, comme Greengrass le fait, de manier un style sec, brutal et épuré qui transforme ce film en quasi docu-fiction. Un hyper-réalisme qui sert magnifiquement le sujet principal : un homme cherchant à se créer une nouvelle vie après avoir ouvert les yeux sur son passé d’assassin.

Certains seront réticents à la venue d’un quatrième volet, à ceux là je réponds que si Greengrass s’y colle, ayez la foi et laissez le faire de la franchise Bourne une saga aussi culte que celle des Die Hard.

Bourne aussi fort que McClane ?? Faites un Google Fight, vous aurez votre réponse…
Dieu

mardi 18 septembre 2007

Sicko **/4



Sicko est le nouveau film de Michael Moore le mec tout crado avec une casquette qui dénonce plein de trucs pas bien, sauf les fast foods parce que faut pas déconner c'est quand même un américain et en plus il aime le baseball.

Autant le dire tout de suite: Sicko est certainement le film le plus divertissant de Michael Moore, qui empile fait édifiant sur fait édifiant avec une rapidité stupéfiante et un sens de l'humour toujours présent. Le système de santé américain est malade, plein de gens ne sont pas couverts ou bien pas remboursés comme ils devraient l'être, et Moore est là pour taper dans le tas. Deux heures se passent sans qu'on ne s'ennuie une seconde.

Seulement voilà qu'est-ce que nous apprenons au cours de ce film : quasiment rien. Les cas ne sont jamais approfondis et tout est traité en surface: il y a des mutuelles aux Etats-Unis qui ne remboursent pas les soins et jouent les pingres- une dizaine de cas hubuesques sont cités mais où sont les chiffres? Comment marche le système? Comment les laboratoires et les médecins fourguent-ils leur camelotte si les mutuelles ne les remboursent pas?
Il y a une réforme du Medicare qui a eu lieu aux Etats Unis - Moore ne rappelle pas ce que c'est (un système de sécurité social réservé aux vieux et aux handicapés) et explique simplement que la réforme sert à engraisser les labos et les mutuelles.
On aimerait avoir plus d'explications surtout quand on voit la manière dont sont décrits tout les autres systèmes de santé; en France on ne paie rien pour sa santé - je dois m'être fait arnaquer alors - et en plus ça ne pèse pas tant que cela sur l'economie puisqu'un un couple de Français moyen gagne 8000 euros par mois - la preuve par l'exemple.
(pour information: un Français gagne en moyenne 2000 euros par mois- soit 4 000 pour un couple - soit 2 fois moins que ce qui est présenté par Michael Moore)

Trop gros pour être vrai? C'est bien ça le problème : à l'étranger, le documentaire se transforme en film de science-fiction . Le pire reste la fin scénarisée où Moore amène ses pauvres héros du 11 septembre se faire soigner à Guantanamo dans la prison américaine (les prisonniers de Guantanamo ont en effet une couverture médicale aux petits oignons), mais comme ils sont refoulés à l'entrée (ô surprise) Moore amène ses cobayes à côté, en territoire ennemi, à Cuba. L'occasion pour lui d'entamer une dénonciation de l'idéologie américaine capitaliste, et de souligner l'excellence du système de santé cubain, et même du système socialiste cubain dans son ensemble, modèle de société paisible.

Scandaleux? Légèrement, mais vous vous attendiez à quoi de la part de Michael Moore?
Ses autres films avaient les mêmes qualités (divertissant, édifiant) et les mêmes défauts (superficiel, démagogique).
Celui-là est le plus démago de ses films, mais aussi le plus rigolo.

Raf

Shoot’em up de Michael Davis: ***/4


C’est l’histoire toute simple d’un homme qui se retrouve impliqué dans une affaire qui ne le concerne pas. Comme dans un bon vieil Hitchcock. Cet homme, c’est monsieur Smith, le nom le plus banal. Il est juste un concept, une idée pour faire passer ce qui nous intéresse le plus dans ce genre de film : le bourinage tout azimut avec des flingues, des couteaux, et autres objets plus ou moins habituel en ce qui concerne l’art de mutiler la chair d’autrui.

Et en ce qui concerne la baston, on est servi. Le réalisateur, très inspiré des modèles Hongkongais, multiplie les références au cinéma de l’ex-colonie anglaise. La scène d’introduction, où une femme accouche en plein milieu d’une fusillade, fait directement référence au chef d’œuvre de Tsui Hark, Time and Tide. De plus, Michael Davis s’est adjoint les services de Peter Pau, directeur de la photographie chez John Woo dans sa période pré américaine. Le film fait beaucoup penser à du Jonnie To, et plus particulièrement au dernier en date, exilé, l’histoire n’étant dans les deux cas qu’un prétexte à étaler la virtuosité de la mise en scène.

Chaque séquence réserve une surprise, une idée originale permettant d’accrocher, et d’être surpris à chaque gunfight. Sans jamais se répéter, le réalisateur arrive, malgré un scénario loin de la perfection à maintenir le spectateur en haleine scène après scène. Le film réserve quelques moments d’anthologie, comme la fusillade aérienne entre parachutistes, ou encore la scène du tourniquet, relecture intéressante de la scène d’introduction de volte face.

Clive Owen est parfait dans le rôle de ce tueur ataraxique, tout comme Paul Giamati, qui prends un malin plaisir à jouer les sadiques. Tout les acteurs étant égaux à eux-mêmes dans ce film, le point noir est Monica Belucci, qui énerve, et n’arrive pas à donner un ton naturel ne serait-ce qu’à la phrase la plus anecdotique.

Le film surprend contre toute attente grâce à une solide réalisation, et bien que ne se hérissant pas au niveau du maître Jonnie To, réserve un excellent moment de divertissement. Ce film est à recommander à tous les sceptiques qui pensent encore qu’il est impossible de tuer quelqu’un avec une carotte.
Duck

lundi 17 septembre 2007

Rogue l’ultime affrontement de Philip Atwell : 0/4


- Allô twist bonjour ! Votre twist assuré en moins de 10 minutes.
- Oui, bonjour madame, j’ai un problème, c’est assez urgent !
- Je vous écoute !
- Voilà, je viens de produire un film avec Jet Li, et je viens de m’apercevoir que le scénario est assez plat, et finalement inintéressant ! Bon, ça je m’en doutais, mais le truc, c’est que les combats sont irregardables ! C’est dommage, ça devait être le seul avantage du film. C’est que Jet Li se fait vieux, et en plus on a engagé un réalisateur pas cher, dopé à Tony Scott, qui prend un malin plaisir à rendre le tout illisible. C’est pour ça que j’ai besoin de vous pour un twist efficace, qui redonnerait un peu d’intérêt au film !
- Oui écoutez, on peut vous proposer le forfait « en fait tout cela n’était qu’un rêve et ce n'est jamais arrivé » ça a beaucoup de succès en ce moment. Seulement ça demande un petit supplément.
- Ah ! C'est-à-dire qu’on a claqué tout le budget dans les cachets de Jet Li et de Jason Statham…
- Je vous comprends très bien monsieur ! Sinon j’ai ici un twist qui impliquerait de la chirurgie esthétique, c’est pas très cher !
- A tiens, c’est pas mal ça ! Mais c’est pas un peu ridicule ? Le public accrochera jamais !
- Oh, vous savez, avec un petit peu de chance, les spectateurs auront quitté la salle avant…
Duck

La vérité ou presque de Sam Karmann : **+/4


Après une superbe introduction jazzie en noir et blanc, rappelant Casablanca de Michael Curtiz, et son ambiance particulière, le film commence plutôt mal. En effet, on voit une profusion de personnages, chacun avec leur histoire apparaître un à un à l’écran. C’est une manie dans le cinéma français depuis quelques années de faire des films « choraux » : raconter 12 histoires au lieu d’une, sans prendre vraiment le temps de les lier les unes aux autres. Les derniers exemples en dates étaient plutôt ratés (ma place au soleil, selon charlie, ma vie d’artiste…), et c’est pour cela que j’étais plutôt réticent au début du métrage. N’est pas Paul Thomas Anderson qui veut, il n’est pas si évident que cela de reproduire la magie de Magnolia.

Mais au bout de quelques minutes, on se rend compte qu’il n’y a en définitive qu’une seule histoire, avec des seconds rôles très développés. L’introduction n’était là que pour camper ces personnages plutôt subtils, et magnifiquement définis. On sent de la profondeur dans la caractérisation. Cela donne bien sûr lieu a de superbes numéros d’acteurs, François Cluzet en tête qui, bien qu’il interprète le personnage le plus caricatural du film, arrive à rendre sympathique, drôle et attachant cet homme d’affaire volage.

Bien sûr, cet approfondissement des personnages se fait au détriment de l’intrigue, ce qui donne de temps en temps quelques baisses de rythme, tout à fait excusable compte tenue de la qualité de l’écriture. La mise en scène est simple mais soignée. Quelques plans impressionnent, comme ce plan séquence lors de la première arrivée de Karine Viard dans le studio de télévision.

Comédie basée sur les personnages plutôt que sur les situations, on se dit parfois que certaines scènes de ce film auraient pu être mieux exploitées, mais quelques séquences à l’humour raffiné rendent le tout très léger, et classent le film parmi les meilleurs films français de l’année, après roman de gare de Claude Lelouch.
Duck

dimanche 16 septembre 2007

Mon frère est fils unique **+/4


Italie, années 60. Accio est un petit rebelle. A peine pubère il casse déjà les pieds de toute sa famille, et s'inscrit au parti fasciste. Mais bon pas pour toute la vie. Il est plutôt du genre instable. Son frère lui, est aussi un marginal, mais tendance de gauche. Il s'engage dans les mouvements communistes...

Des films bien sympathiques arrivent d'Italie depuis ces dernières années. Celui-ci, comme "Romanzo Criminale" ou "Nos meilleurs années" s'attache à nous décrire les nombreux émois de l'Italie de la seconde moitié du 20ème siècle.

Cependant, contrairement à ces deux films précédant, celui-ci est clairement centré autour d'un personnage, Accio. On s'attache d'autant plus vite à lui qu'il est bien interprété et bien écrit, à la fois engagé et indolent, violent et passif. La première partie du film uniquement consacrée à la description du personnage et à son activité fasciste est la plus réussie. Puis quand celui-ci s'engage aux côtés de son frère et s'ouvre aux autres (la femme de son frère, puis ses parents) le film gagne en gravité mais reste drôle. Le film évolue logiquement vers une fin tragique qui ne semble pas arriver comme un cheveu sur la soupe, d'abord parce qu'elle reste fidèle aux personnages : ainsi Accio bien que changeant radicalement d'engagement, restera jusqu'au bout un électron libre.

Tout le long, le film compense son manque de moyens par un montage certes imparfait mais dynamique, et un cadrage proche des personnages. Les dialogues font souvent mouches et les acteurs sont bons. Pour l'instant "Mon frère est fils unique" est le meilleur film italien distribué en France cette année, et bien que la compétition ne soit pas rude (moins de 10 films italiens distribués en France cette année), ce film mérite d'être vu.

Raf

4 mois, 3 semaines, 2 jours de Christian Mungiu : *+/4


Moi, lorsque ça ne va pas très bien, j’aime bien me remonter le moral en allant voir des films sur l’avortement illégal en Roumanie, sous Ceaucescu. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je découvris que c’est un film de ce genre qui gagna la palme en mai dernier ! C’est donc avec beaucoup d’entrain, et le sourire aux lèvres que je me suis décidé à aller voir ce film léger. Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant qu’il ne s’agissait pas d’une comédie, comme le laissait présager le sujet, mais bien d’un « Drame » avec un grand D.

J’étais loin de m’imaginer à quel point il pouvait être sordide de se faire avorter sous Ceaucescu. Loin de la vision bucolique généralement véhiculée par les médias, le film nous montre tout de suite la couleur, en montrant une image sale, dégueulace. La caméra tremble, le cadre est hésitant, et tout est quasiment tourné en plan séquence (quoi, vous avez dit Dardenne ?).

Je me demande ce qui pousse les critiques de nos jours à trouver merveilleux les films moches, tournés caméra à l’épaule. Plus le sujet sera sordide, plus ce sera du « cinéma difficile », « osant regarder la société frontalement ». Les plans séquences, de préférences fixes, ont l’air d’avoir aussi du crédit chez les cinéphiles, permettant « d’expérimenter sur la durée diégétique au cinéma ». J’ai prévu de gagner la palme d’or l’année prochaine en narrant l’histoire d’un clochard pédophile manchot unijambiste dans la Pologne de Tito. Je pense pouvoir me hisser au rang des grands maîtres comme les frères Dardennes ou encore Christian Mungiu. Il me suffira de virer mon directeur de la photographie le premier jour du tournage !

Sinon, que dire du film, la photo n’est pas très belle, et le scénario un peu mou. La dramaturgie est assez lâche et ne permet pas une identification totale avec le sujet. Les acteurs sont néanmoins fabuleux, avec une préférence pour Anamaria Marinca, parfaite dans le rôle. Quelques scènes sont assez fortes pour permettre au film d’être suffisamment intéressant, comme celle où Monsieur Bébé demande un paiement en nature en échange de ses services de faiseur d’anges. La séquence est sordide, mais très bien amenée et développée.

De nombreuses pistes de scénario sont lancées, sans être explorées, comme ce couteau dérobé par l’héroïne, avec beaucoup de mal, et qui ne resservira pas plus tard, ou encore la séquence où l’avorteur oublie ses papiers à la réception, sans que cela ne donne de suite. Oubli de scénario, ou rébellion contre les concepts Hitchcockien ?

Le film n’est pas inintéressant, mais finalement assez anecdotique, et ne méritait à mon sens pas la palme. Des films bien plus fins et cinématographiques, comme Zodiac de David Fincher, ou Boulevard de la mort de Quentin Tarantino me semblent mieux convenir à la récompense suprême. Il est vrai que ce sont des films de « genre », et que le contenu n’est pas politique. Cela semble être impardonnable ces temps-ci…
Duck

samedi 15 septembre 2007

Le Goût de la vie: */4



Catherie Zeta-Jones est chef dans un grand restaurant. Mais elle vit seule et franchement c'est pas la joie. Sa soeur vient de mourir. En plus sa soeur elle a un enfant dont on a jamais vu le papa. Donc notre pauvre Catherine va devoir s'occuper de cet enfant. Heureusement un nouveau chef vient d'arriver au restaurant, un type trop cool qui ferait un bon amant et bon père de substitution. C'est tout pour l'histoire. Pas de sous intrigues, pas de rebondissement, aucun enjeu dramatique, rien.

Cependant il faudrait mentionner les quelques bons points du film car cela ne va pas de soi de nos jours:
-Réalisation soignée
-Jolie image, l'ambiance des cuisines est bien rendue
-Bons acteurs
-Musique correcte


N'ayant rien à dire d'autre je vais donc finir cette critique par une série de métaphores bas de gamme ayant pour thème la cuisine, sur lesquelles tous les critiques syndiqués dignes de ce nom parient dans ce genre de cas:
-Un scénario anorexique
-Un plat bien plat
-Un plat réchauffé
-Un film qui manque de sel (ou de piment)
-Un film qui nous laisse sur notre faim
-Pas de quoi en faire un plat
-La sauce ne prend pas
-A consommer avec modération

Raf

Les Amours d'Astrée et de Céladon: ***/4



Le nouveau film d'Éric Rohmer débute par un texte défilant sur un fond blanc et verdâtre à la fois, où le réalisateur feint de s'excuser de n'avoir pu tourner l'adaptation de "L'Astrée" dans le lieu exact où se déroule l'histoire, et ce à cause de l'urbanisme qui a transformé ce coin bucolique en enfer des temps modernes. Mais s'il voulait vraiment s'excuser, Éric Rohmer aurait du aussi mentionner la photographie infecte du film, indigne des pires téléfilms, le son, à peine audible, les dialogues, totalement abscons, et la pauvreté des décors. Mais le pire n'est pas là. Le pire réside dans le jeu des acteurs, tantôt incroyablement artificiel, tantôt soporifique.

Cependant, pendant la projection, une chose miraculeuse s'est passée. Je me suis pris à rire, comme beaucoup d'autres dans la salle, devant tant de médiocrité. Le climax a été atteint lorsque Rodolphe Pauly, alias Hylas le libertin, a fait son apparition. Son jeu était tellement exagéré, tellement hors propos dans un film déjà hors propos, qu'il m'a fait comprendre le véritable dessein de Rohmer: réaliser avant sa mort, la plus grande comédie de ce début de siècle.

Au cours de ses 110 minutes, le film ne cessera de se surpasser dans sa médiocrité, et, paradoxalement, dans sa drôlerie. A la sortie de la salle, tout le monde avait un sourire grand comme ça, heureux de cette expérience exténuante, mais inoubliable.

Vous aussi qui hésitez prenez part à ce qui pourrait bien être le dernier grand canular du cinéma français.

Raf