Moi, lorsque ça ne va pas très bien, j’aime bien me remonter le moral en allant voir des films sur l’avortement illégal en Roumanie, sous Ceaucescu. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je découvris que c’est un film de ce genre qui gagna la palme en mai dernier ! C’est donc avec beaucoup d’entrain, et le sourire aux lèvres que je me suis décidé à aller voir ce film léger. Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant qu’il ne s’agissait pas d’une comédie, comme le laissait présager le sujet, mais bien d’un « Drame » avec un grand D.
J’étais loin de m’imaginer à quel point il pouvait être sordide de se faire avorter sous Ceaucescu. Loin de la vision bucolique généralement véhiculée par les médias, le film nous montre tout de suite la couleur, en montrant une image sale, dégueulace. La caméra tremble, le cadre est hésitant, et tout est quasiment tourné en plan séquence (quoi, vous avez dit Dardenne ?).
Je me demande ce qui pousse les critiques de nos jours à trouver merveilleux les films moches, tournés caméra à l’épaule. Plus le sujet sera sordide, plus ce sera du « cinéma difficile », « osant regarder la société frontalement ». Les plans séquences, de préférences fixes, ont l’air d’avoir aussi du crédit chez les cinéphiles, permettant « d’expérimenter sur la durée diégétique au cinéma ». J’ai prévu de gagner la palme d’or l’année prochaine en narrant l’histoire d’un clochard pédophile manchot unijambiste dans la Pologne de Tito. Je pense pouvoir me hisser au rang des grands maîtres comme les frères Dardennes ou encore Christian Mungiu. Il me suffira de virer mon directeur de la photographie le premier jour du tournage !
Sinon, que dire du film, la photo n’est pas très belle, et le scénario un peu mou. La dramaturgie est assez lâche et ne permet pas une identification totale avec le sujet. Les acteurs sont néanmoins fabuleux, avec une préférence pour Anamaria Marinca, parfaite dans le rôle. Quelques scènes sont assez fortes pour permettre au film d’être suffisamment intéressant, comme celle où Monsieur Bébé demande un paiement en nature en échange de ses services de faiseur d’anges. La séquence est sordide, mais très bien amenée et développée.
De nombreuses pistes de scénario sont lancées, sans être explorées, comme ce couteau dérobé par l’héroïne, avec beaucoup de mal, et qui ne resservira pas plus tard, ou encore la séquence où l’avorteur oublie ses papiers à la réception, sans que cela ne donne de suite. Oubli de scénario, ou rébellion contre les concepts Hitchcockien ?
Le film n’est pas inintéressant, mais finalement assez anecdotique, et ne méritait à mon sens pas la palme. Des films bien plus fins et cinématographiques, comme Zodiac de David Fincher, ou Boulevard de la mort de Quentin Tarantino me semblent mieux convenir à la récompense suprême. Il est vrai que ce sont des films de « genre », et que le contenu n’est pas politique. Cela semble être impardonnable ces temps-ci…
J’étais loin de m’imaginer à quel point il pouvait être sordide de se faire avorter sous Ceaucescu. Loin de la vision bucolique généralement véhiculée par les médias, le film nous montre tout de suite la couleur, en montrant une image sale, dégueulace. La caméra tremble, le cadre est hésitant, et tout est quasiment tourné en plan séquence (quoi, vous avez dit Dardenne ?).
Je me demande ce qui pousse les critiques de nos jours à trouver merveilleux les films moches, tournés caméra à l’épaule. Plus le sujet sera sordide, plus ce sera du « cinéma difficile », « osant regarder la société frontalement ». Les plans séquences, de préférences fixes, ont l’air d’avoir aussi du crédit chez les cinéphiles, permettant « d’expérimenter sur la durée diégétique au cinéma ». J’ai prévu de gagner la palme d’or l’année prochaine en narrant l’histoire d’un clochard pédophile manchot unijambiste dans la Pologne de Tito. Je pense pouvoir me hisser au rang des grands maîtres comme les frères Dardennes ou encore Christian Mungiu. Il me suffira de virer mon directeur de la photographie le premier jour du tournage !
Sinon, que dire du film, la photo n’est pas très belle, et le scénario un peu mou. La dramaturgie est assez lâche et ne permet pas une identification totale avec le sujet. Les acteurs sont néanmoins fabuleux, avec une préférence pour Anamaria Marinca, parfaite dans le rôle. Quelques scènes sont assez fortes pour permettre au film d’être suffisamment intéressant, comme celle où Monsieur Bébé demande un paiement en nature en échange de ses services de faiseur d’anges. La séquence est sordide, mais très bien amenée et développée.
De nombreuses pistes de scénario sont lancées, sans être explorées, comme ce couteau dérobé par l’héroïne, avec beaucoup de mal, et qui ne resservira pas plus tard, ou encore la séquence où l’avorteur oublie ses papiers à la réception, sans que cela ne donne de suite. Oubli de scénario, ou rébellion contre les concepts Hitchcockien ?
Le film n’est pas inintéressant, mais finalement assez anecdotique, et ne méritait à mon sens pas la palme. Des films bien plus fins et cinématographiques, comme Zodiac de David Fincher, ou Boulevard de la mort de Quentin Tarantino me semblent mieux convenir à la récompense suprême. Il est vrai que ce sont des films de « genre », et que le contenu n’est pas politique. Cela semble être impardonnable ces temps-ci…
Duck

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