lundi 17 septembre 2007

La vérité ou presque de Sam Karmann : **+/4


Après une superbe introduction jazzie en noir et blanc, rappelant Casablanca de Michael Curtiz, et son ambiance particulière, le film commence plutôt mal. En effet, on voit une profusion de personnages, chacun avec leur histoire apparaître un à un à l’écran. C’est une manie dans le cinéma français depuis quelques années de faire des films « choraux » : raconter 12 histoires au lieu d’une, sans prendre vraiment le temps de les lier les unes aux autres. Les derniers exemples en dates étaient plutôt ratés (ma place au soleil, selon charlie, ma vie d’artiste…), et c’est pour cela que j’étais plutôt réticent au début du métrage. N’est pas Paul Thomas Anderson qui veut, il n’est pas si évident que cela de reproduire la magie de Magnolia.

Mais au bout de quelques minutes, on se rend compte qu’il n’y a en définitive qu’une seule histoire, avec des seconds rôles très développés. L’introduction n’était là que pour camper ces personnages plutôt subtils, et magnifiquement définis. On sent de la profondeur dans la caractérisation. Cela donne bien sûr lieu a de superbes numéros d’acteurs, François Cluzet en tête qui, bien qu’il interprète le personnage le plus caricatural du film, arrive à rendre sympathique, drôle et attachant cet homme d’affaire volage.

Bien sûr, cet approfondissement des personnages se fait au détriment de l’intrigue, ce qui donne de temps en temps quelques baisses de rythme, tout à fait excusable compte tenue de la qualité de l’écriture. La mise en scène est simple mais soignée. Quelques plans impressionnent, comme ce plan séquence lors de la première arrivée de Karine Viard dans le studio de télévision.

Comédie basée sur les personnages plutôt que sur les situations, on se dit parfois que certaines scènes de ce film auraient pu être mieux exploitées, mais quelques séquences à l’humour raffiné rendent le tout très léger, et classent le film parmi les meilleurs films français de l’année, après roman de gare de Claude Lelouch.
Duck

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