
Le nouveau film d'Éric Rohmer débute par un texte défilant sur un fond blanc et verdâtre à la fois, où le réalisateur feint de s'excuser de n'avoir pu tourner l'adaptation de "L'Astrée" dans le lieu exact où se déroule l'histoire, et ce à cause de l'urbanisme qui a transformé ce coin bucolique en enfer des temps modernes. Mais s'il voulait vraiment s'excuser, Éric Rohmer aurait du aussi mentionner la photographie infecte du film, indigne des pires téléfilms, le son, à peine audible, les dialogues, totalement abscons, et la pauvreté des décors. Mais le pire n'est pas là. Le pire réside dans le jeu des acteurs, tantôt incroyablement artificiel, tantôt soporifique.
Cependant, pendant la projection, une chose miraculeuse s'est passée. Je me suis pris à rire, comme beaucoup d'autres dans la salle, devant tant de médiocrité. Le climax a été atteint lorsque Rodolphe Pauly, alias Hylas le libertin, a fait son apparition. Son jeu était tellement exagéré, tellement hors propos dans un film déjà hors propos, qu'il m'a fait comprendre le véritable dessein de Rohmer: réaliser avant sa mort, la plus grande comédie de ce début de siècle.
Au cours de ses 110 minutes, le film ne cessera de se surpasser dans sa médiocrité, et, paradoxalement, dans sa drôlerie. A la sortie de la salle, tout le monde avait un sourire grand comme ça, heureux de cette expérience exténuante, mais inoubliable.
Vous aussi qui hésitez prenez part à ce qui pourrait bien être le dernier grand canular du cinéma français.
Raf
samedi 15 septembre 2007
Les Amours d'Astrée et de Céladon: ***/4
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