samedi 29 septembre 2007

L’âge des ténèbres de Denys Arcand : **+/4


Jean-Marc Leblanc travaille dans l’administration. Son mariage est un simulacre, et ses enfants le détestent. Dans ce monde délabré, où la maladie et la déchéance rodent, il s’imagine une vie pour échapper à la réalité.

Sur ce propos désabusé, Arcand, non sans humour, fait un portrait au vitriol de la société actuelle. Les dialogues sont savoureux, et le film réserve certains moments de bravoure, comme la séquence du speed dating, hilarante, se terminant sur une touche poétique. De nombreuses références, à Tarantino ou à Peter Jackson entre autre, apportent un côté baroque, excessif à ce film tout sauf réaliste. Il ne s’agit donc pas d’un film social, mais plutôt d’une évocation très personnelle de la vie moderne.

La technique est très bonne, que cela soit la photographie, qui n’a rien à envier aux meilleures productions Hollywoodiennes, ou la réalisation, classique mais maîtrisée. Cependant, le film est très inégal. Certaines scènes assez faibles viennent assombrir le tableau et rendent le film parfois lourd et laborieux (je pense notamment à l’ultime séquence, vraiment inutile). De plus, l’intrigue n’est pas vraiment resserrée, il s’agit plus d’une succession de sketch. Cela amène des baisses de rythmes assez gênantes, bien que compensées par la virtuosité de certains moments.

Marc Labrèche dans le rôle de ce loser ordinaire fait des merveilles, modifiant parfois sa voix dans les séquences oniriques, et montrant cet abîme qui se creuse dans notre société. Perdu parmi tant de cas, tous similaires, mais tous uniques (symbolisées par les différentes personnes dont s’occupe Jean-Marc Leblanc à l’administration). On s’attache facilement à ce personnage, et à son univers fait de millions d’anonymes, et de destins inaccomplis. Un monde où il est impossible de trouver sa place, seul au milieu des autres, bienvenue dans l’âge des ténèbres.
Duck

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