mardi 18 septembre 2007

Shoot’em up de Michael Davis: ***/4


C’est l’histoire toute simple d’un homme qui se retrouve impliqué dans une affaire qui ne le concerne pas. Comme dans un bon vieil Hitchcock. Cet homme, c’est monsieur Smith, le nom le plus banal. Il est juste un concept, une idée pour faire passer ce qui nous intéresse le plus dans ce genre de film : le bourinage tout azimut avec des flingues, des couteaux, et autres objets plus ou moins habituel en ce qui concerne l’art de mutiler la chair d’autrui.

Et en ce qui concerne la baston, on est servi. Le réalisateur, très inspiré des modèles Hongkongais, multiplie les références au cinéma de l’ex-colonie anglaise. La scène d’introduction, où une femme accouche en plein milieu d’une fusillade, fait directement référence au chef d’œuvre de Tsui Hark, Time and Tide. De plus, Michael Davis s’est adjoint les services de Peter Pau, directeur de la photographie chez John Woo dans sa période pré américaine. Le film fait beaucoup penser à du Jonnie To, et plus particulièrement au dernier en date, exilé, l’histoire n’étant dans les deux cas qu’un prétexte à étaler la virtuosité de la mise en scène.

Chaque séquence réserve une surprise, une idée originale permettant d’accrocher, et d’être surpris à chaque gunfight. Sans jamais se répéter, le réalisateur arrive, malgré un scénario loin de la perfection à maintenir le spectateur en haleine scène après scène. Le film réserve quelques moments d’anthologie, comme la fusillade aérienne entre parachutistes, ou encore la scène du tourniquet, relecture intéressante de la scène d’introduction de volte face.

Clive Owen est parfait dans le rôle de ce tueur ataraxique, tout comme Paul Giamati, qui prends un malin plaisir à jouer les sadiques. Tout les acteurs étant égaux à eux-mêmes dans ce film, le point noir est Monica Belucci, qui énerve, et n’arrive pas à donner un ton naturel ne serait-ce qu’à la phrase la plus anecdotique.

Le film surprend contre toute attente grâce à une solide réalisation, et bien que ne se hérissant pas au niveau du maître Jonnie To, réserve un excellent moment de divertissement. Ce film est à recommander à tous les sceptiques qui pensent encore qu’il est impossible de tuer quelqu’un avec une carotte.
Duck

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