mardi 18 septembre 2007

Sicko **/4



Sicko est le nouveau film de Michael Moore le mec tout crado avec une casquette qui dénonce plein de trucs pas bien, sauf les fast foods parce que faut pas déconner c'est quand même un américain et en plus il aime le baseball.

Autant le dire tout de suite: Sicko est certainement le film le plus divertissant de Michael Moore, qui empile fait édifiant sur fait édifiant avec une rapidité stupéfiante et un sens de l'humour toujours présent. Le système de santé américain est malade, plein de gens ne sont pas couverts ou bien pas remboursés comme ils devraient l'être, et Moore est là pour taper dans le tas. Deux heures se passent sans qu'on ne s'ennuie une seconde.

Seulement voilà qu'est-ce que nous apprenons au cours de ce film : quasiment rien. Les cas ne sont jamais approfondis et tout est traité en surface: il y a des mutuelles aux Etats-Unis qui ne remboursent pas les soins et jouent les pingres- une dizaine de cas hubuesques sont cités mais où sont les chiffres? Comment marche le système? Comment les laboratoires et les médecins fourguent-ils leur camelotte si les mutuelles ne les remboursent pas?
Il y a une réforme du Medicare qui a eu lieu aux Etats Unis - Moore ne rappelle pas ce que c'est (un système de sécurité social réservé aux vieux et aux handicapés) et explique simplement que la réforme sert à engraisser les labos et les mutuelles.
On aimerait avoir plus d'explications surtout quand on voit la manière dont sont décrits tout les autres systèmes de santé; en France on ne paie rien pour sa santé - je dois m'être fait arnaquer alors - et en plus ça ne pèse pas tant que cela sur l'economie puisqu'un un couple de Français moyen gagne 8000 euros par mois - la preuve par l'exemple.
(pour information: un Français gagne en moyenne 2000 euros par mois- soit 4 000 pour un couple - soit 2 fois moins que ce qui est présenté par Michael Moore)

Trop gros pour être vrai? C'est bien ça le problème : à l'étranger, le documentaire se transforme en film de science-fiction . Le pire reste la fin scénarisée où Moore amène ses pauvres héros du 11 septembre se faire soigner à Guantanamo dans la prison américaine (les prisonniers de Guantanamo ont en effet une couverture médicale aux petits oignons), mais comme ils sont refoulés à l'entrée (ô surprise) Moore amène ses cobayes à côté, en territoire ennemi, à Cuba. L'occasion pour lui d'entamer une dénonciation de l'idéologie américaine capitaliste, et de souligner l'excellence du système de santé cubain, et même du système socialiste cubain dans son ensemble, modèle de société paisible.

Scandaleux? Légèrement, mais vous vous attendiez à quoi de la part de Michael Moore?
Ses autres films avaient les mêmes qualités (divertissant, édifiant) et les mêmes défauts (superficiel, démagogique).
Celui-là est le plus démago de ses films, mais aussi le plus rigolo.

Raf

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