samedi 13 octobre 2007

Resident Evil : Extinction de Russell Mulcahy : 0/4


Paul WS Anderson, l’enfant terrible des adaptations de jeux vidéos, est de retour au scénario de, n’ayons pas peur des mots, cette belle merde. Le jumeau maléfique de Paul Thomas Anderson en aura-t-il un jour assez de faire des films vide et sans intérêt, pour se tourner vers un cinéma plus semblable a celui de son illustre homonyme ? Je pose la question.

Ce film est tellement en dessous de la plus infâme merde d’Uwe Boll, que je ne consacrerais ces lignes seulement qu’à la description de deux phénomènes particulièrement désagréables, et communs à la plupart des séries B bâclées du moment.

Le premier est la scène de « Quartier Général ». Vatout surpuissant à usage des scénaristes pantouflard, ces séquences consistent à montrer une scène, du côté des bons ou des mauvais, se déroulant dans le quartier général, et n’ayant aucun lien avec la dramaturgie du récit. Cela permet de lâcher des informations sans se creuser la tête pour trouver une manière subtile de les amener. Cela sonne toujours très artificiel et caricatural, et ennuie plutôt que d’informer.

Il arrive parfois que cela soit combiné avec la lecture du profil psychologique d’un personnage, évitant au scénariste débutant la difficulté de travailler sur la caractérisation. Nous y échappons de peu dans ce film, étant entendu que ces scènes avaient déjà été présentées au spectateur dans les précédents opus de la saga.

Les scènes de « Quartier Général » sont néanmoins particulièrement gratinées dans le métrage de Russell Mulcahy (qu’il est loin le temps ou il était un réalisateur efficace de série B, cf Highlander). Des méchants très méchants faisant des expériences très méchantes, et énonçant à haute voix tous les tenants et aboutissants de l’histoire. On atteint le degré zéro du cinéma d’action, où un narrateur raconterait vite fait ce qu’il se passe entre deux scènes de baston, pour ne retenir à l’écran que l’essentiel : les explosions et les membres arrachés. Peut être est-ce là l’aboutissement d’une recherche esthétique du dégoût absolu ?

Le deuxième thème sur lequel je voulais débattre est ce que j’appelle le syndrome de l’ouvrier polyvalent. Il s’agit, dans les organisations maléfiques, du larbin qui est capable de n’importe quelle prouesse : le garde du corps ou le soldat ayant des compétences en chimie organique, en ingénierie nucléaire, voire même en piratage de satellite gouvernementaux (si si, je vous jure, cela donne lieu a une des séquence les plus délicieusement absurde de tout le film).C’est comme ça, si l’on veut ne serait-ce qu’avoir la chance de récurer les chiottes du Malin, il faut deux doctorats et un CAP carrosseries, sans compter l’entraînement militaire expérimental.

Ce syndrome de plus en plus fréquent permet de réduire le nombre de personnage, et surtout de tous les faire participer à l’action. Ainsi on ne perd plus de temps avec ces gens qui ne servent à rien, et que l’on appelle scientifiques ! On veut des explosions, merde ! Le film atteint un sommet lorsque l’on apprend que le président de la république du monde est un excellent médecin-chimiste spécialisé dans les mutations du corps humains. Cela nous amène à relativiser la séquence du président/pilote de chasse d’Independence Day !

On pourrait parler des séquences honteusement copiées de grand classiques, tels que Mad Max 2 ou les oiseaux, ou encore énoncer le manque de rigueur dans la description du comportement des zombies. Mais il y a tellement à dire et si peu de lignes pour ce film qui restera dans les annales comme une des plus grandes arnaques du cinéma.
Duck

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Je vous trouve de bien mauvaise foie. En effet, on peut trés bien envisager une personne occupant plusieurs fonctions, et je dirais mêmeque c'est tout à son honneur! pourquoi un garde du corps ne pourrait pas s'intéresser à la physique quantique? Je vous pose la question. Je suis pour l'égalité des chances, et c'est pour cela que je propose une rupture tranquille. J'occupe moi même plusieur fonctions, telles que président de la république, premier ministre, ministre de l'intérieur, des affaires étrangères et CRS.
Cela fait-il de moi ce que vous appelez avec déni un "ouvrier polyvalent"?

Anonyme a dit…

Pour répondre à Nicolas S., je pense que la polyvalence du larbin du démon n'est que le fruit de l'exploitation des classes ouvrières.
Hier, c'était l'ouvrier dans les usines qui se faisait exploiter. Désormais, c'est au tour du marché des services (services secrets, laboratoires de physique nucléaire, centre de blanchiment d'argent sale....) d'être touché de plein fouet par les ravages du capitalisme. A ce stade, à cause de la pression du chômage, il devient nécessaire pour le sbire qui a une famille à nourrir (cf. Goldmember pour une étude plus approfondie de la chose) d'endosser plusieurs métiers dans la même journée.
Les frères Dardennes seraient d'ailleurs en train de préparer un film sur ce sujet social, d'après des rumeurs encore non confirmées. Nous attendons particulièrement le traitement cinématographique des cours de physique quantique par correspondance qui risque de bouleverser la vision que nous avons de l'entourage des savants fous qui veulent conquérir le monde.